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___Si elle savait. Combien de fois je la regarde dans la journée, combien j'aime ses expressions et ses manies, et quand elle fronce son nez, et quand elle arrive le matin avec son petit visage tout chiffonné, et combien j'aime avoir ma joue contre la sienne, tiède, seulement quelques secondes ; et comme j'aime entendre son rire bizarre, tout mouillé et hoquetant. Si elle savait. Combien de fois je pense à elle, à chaque seconde, comme tout en moi hurle son nom ; si elle savait, que parmi cent personnes je ne vois qu'elle, que j'aimerais la serrer dans mes bras pour qu'elle n'ait plus jamais de mal, plus jamais de peine ; si elle savait, à quel point j'aimerais la voir heureuse, à quel point j'ai besoin de la faire rire, d'entendre son rire me réchauffer, à quel point j'ai besoin de son bonheur pour que le mien soit entier. Si elle savait, que quand elle pleure j'ai l'impression de me prendre un immeuble sur la tête, si elle savait, que ça transperce mon c½ur, et jusqu'au plus profond de mes entrailles, que j'aimerais la forcer à profiter de sa vie, prendre son désespoir en moi, je m'en foutrais, je voudrais tant faire ça pour elle, parce-que je l'aime. Et si elle savait, que je fais semblant, et que j'en peux plus, parce-que c'est dur, de plaisanter quand chaque respiration vous fais souffrir, si elle savait, qu'il n'y a qu'elle dans mon monde, si elle savait, que je pense pas les conneries que je lui dis ; si elle savait, que quand je lui dis que je pourrais pas survivre quand elle partira, c'est la vérité. Je regrette qu'elle soit entrée dans ma vie, maintenant, c'est trop tard, j'ai tout le temps envie de la voir et ça me fait un mal de chien, et pourtant quand elle n'est pas là, j'ai encore plus mal, j'ai l'impression d'étouffer. J'ai besoin de la voir, et en même temps ça me tue. J'peux pas réfléchir avec son visage incrusté dans ma tête, et les derniers mots qu'on s'est échangés qui passent en boucle, en fond, qui annihilent tout le reste. Le reste, il se dilue, se mélange joyeusement, les cours, les gens, les chansons que j'écoute, les endroits où je vais, c'est comme si c'était la même chose, indéfiniment, je n'ai plus de notion de l'espace, ni vraiment du temps ; tout est éternité et infini. Je vis pour et grâce à elle, à son sourire, et elle ne le voit pas. Elle ne peut pas le voir, et je sais encore le cacher. Elle ne le verra jamais.
Horse Feathers - Curs in the Weeds. Can't find the words.